Absence de descendances
Au nord, au sud, opposé,
sur le pré sont posés
deux tranquilles mares
en absence de canards.
Sautillante, une grenouille,
sans aucune trouille,
sortant de son hibernation,
sans attendre se met en action.
Toujours, elle est partante,
au tempo du printemps,
pour s’en aller à son mariage
dans la mare opposée de l’herbage.
Mais les humains, un matin,
pas très malins, un peu cabotins,
sur le pré ont déposé
non pas un chemin cabossé,
ni un sentier banal,
ni une voie vicinale,
mais bien cette autoroute.
Un désert de plat bitume
s’étirant sous la brume,
fleuve de grand tintamarre,
séparant les deux mares.
Ainsi, sur cette ligne de partage,
pour un amour sans partage,
le corps nu en sacrifice de la grenouille
vers le désir souverain se grouille.
Mais dans la mare damnée,
dans l’eau-de-là cette année,
il n’y aura ni têtards
ni petits fêtards.
Juste une croûte de sang sautillante,
sur la surface vibrante,
charnier offert aux nouveaux rapaces.
La nature ploie, mais son cri résonne encore.
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