Courir au seuil de l’infini
Je me suis vu courir
au centre d’une pelouse,
dans un matin de rosée,
face au soleil montant,
dans un rayon de brume
me guidant sur le seuil
des portes de l’étrange,
où courir devient envol.
Je me vis courir
sous le regard des Touaregs,
en flottaison sur un lac asséché,
dans le désert des solitudes.
Je me suis vu poursuivre un brame
quand le cerf halète,
courir dans des forêts
gravées de légendes
qui n’autorisent l’arrêt.
Je me suis vu courir
sur la mousse des pierres,
entre des troncs filant
dans un crépuscule vert.
Je me suis vu glisser
aux versants de montagnes,
devenant torrent d’écume.
Courir dans des polders,
aux côtés du goéland,
vers l’insaisissable mer.
Courir dans les parfums
que le vent respire,
sous le regard des saisons.
Courir en ivresse,
dans les vignes d’un domaine
dont le vin est réservé aux dieux.
Je me suis vu courir
à la poursuite de l’instant,
pour m’y blottir en équilibre
et m’y fondre, immobile.
Le vrai voyage est celui qui mène à soi.
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