Les Menhirs

Les Menhirs

 

Vestiges d’un temps lointain de pureté,
  Sous la pluie d’ardoise et sous le feu du soleil,
  Le nez vers les nuages pour vivre l’éternité,
  Plantés sur un seul pied, ils attendent le réveil.

 

Arrachés à la terre des lointaines contrées,
  Leur corps revêtu d’une armure granitique,
  Ils portent en silence la mémoire des marées,
  Le souffle ancien, minéral et mythique.

 

Voici l’armée fière, sans tête et sans armes,
  Voici les gardiens des secrets des profondeurs,
  Sentinelles immobiles ignorant les alarmes,
  Debout face aux siècles, aux vents et aux peurs.

 

Figures figées, en équilibre sur l’horizon,
  Ils défient le ciel, compagnons de brume et d’orage,
  Gravant dans la pierre l’invisible saison
  Où le temps se suspend dans leur muet langage.

 

Isolés en éclaireurs au creux de la campagne,
  Ou groupés, alignés dans un sombre silence,
  Ils tracent sur la lande une antique montagne,
  Comme un peuple de roche en longue patience.

 

Et quand la nuit descend sur la lande blême,
  On croirait voir leurs ombres lentement s’incliner,
  Non pas sous le poids d’âges extrêmes,
  Mais pour mieux écouter la terre respirer.

 

L’éternité commence debout.

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