Roule ma boule
Ô ma Terre,
boule de lave,
dans le noir glacé, sans horizon,
tu pleures des larmes de feu.
Boule rouge,
boule de poussière,
ô ma Terre,
privée d’étreintes,
qu’ont-ils fait de tes fiancés ?
Se sont-ils enfouis avec Ève,
sous la pierre lourde du temps ?
Boule qui roule,
où vas-tu,
dans ce mal qui te ronge
jusqu’au cœur ?
Toi, ma Terre, ma boule,
tu as perdu ton bleu.
Et tes artistes,
ces semeurs de lumière,
se sont tus.
Boule de braves, où sont
tes foules de croyants,
cultivant les tourments
pour dresser, dans la poussière,
des monuments de mémoire ?
Ô ma Terre,
terre de dieux et de rois,
terre de présidents,
terre de pouvoirs,
d’armées,
et de misère,
où sont passés tes conquérants ?
Se sont-ils noyés avec leurs héros
au fond du puits de l’Histoire ?
Mais quelle histoire…
définitivement tarie,
faute d’oreilles pour entendre.
Une histoire d’agonie,
trop tôt jetée
dans l’oubli.
Alors, pour toi, ma Terre,
nous qui voulions bien faire,
nous qui n’avons pas su faire,
il ne reste qu’à nous taire
et disparaître
dans ton sein.
Ô ma Terre, boule de lave,
dans le noir glacé, sans horizon,
tu pleures des larmes de feu.
Quand le feu remplace le bleu.
Ajouter un commentaire