SI PRÈS, SI LOINS

SI PRÈS, SI LOINS

Fermer les yeux pour voir
  la mer profonde en témoin,
  à chaque heure, si près, si loin,
  trop tôt pour une histoire.

Attrait des profondeurs
  quand les ailes d’un ange,
  dans ce bref échange,
  effleurent les deux cœurs.

Leur silence s’exprime
  au souffle de l’impatience,
  pour des « oui » en absence,
  face au flanc de l’abîme.

Pour un regard qui affole,
  en plongeon délicieux
  dans le gouffre de ces yeux,
  les fantasmes s’envolent.

Les mains, actrices,
  en caresses implicites,
  jouent une partition illicite
  pour l’ombre complice.

Dans l’aube du plaisir,
  des images-mirages dansent
  dans un jardin en transe
  sur une mélodie de désir.

Pêle-mêle, en plats ricochets,
  suivent ces mots-cailloux,
  jetés sur le rouge de ces joues
  pour se disculper d’être accroché.

Fermer les yeux pour voir
  la mer profonde en témoin,
  à chaque heure, si près, si loin,
  trop tard pour une histoire.

Au bord du désir, instant suspendu.

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