Au Bal des Korrigans
Le dimanche, au bal des korrigans,
l’orchestre joue du champignon —
oui, mais du champignon accordéon.
Dans l’assemblée des danseurs, l’un dit :
«c’est une musique empoisonnante. »
Persistant dans son cauchemar,dit
des mots sans suite, sans rythme,
parle d’une musique sans notes,
une musique de silence.
Aussi, les korrigans danseurs portent
sur ce non-musicien d’amers crédits
un regard curieux, sévère.
À celui-ci, dont je dis
qu’il ferait mieux de se taire,
pour ne pas déplaire
à ceux dont le ventre dit
qu’un festin s’annonce.
Car, à n’en pas douter,
l’on est à présent samedi.
Le temps est à la mesure
des korrigans, si dense
et changeant qu’il tourne,
tourne au tempo
de l’accordéon hallucinogène.
Lundi, mardi — danse.
Mercredi, jeudi — danse.
Vendredi, samedi — danse.
Et le dimanche… recommence.
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