Échange
Au départ des grandes lignes,
en Gare Montparnasse.
Le silence, toujours digne,
accueille l’angoisse un peu nase.
Habillés d’incertitude,
ils escortent leur amie, la solitude,
en regrets du visage blanc
de cette fille amante si fragile,
avec qui ils ont vécu un peu ivres
dans une création malhabile,
un si beau mal de vivre.
Volubile, l’angoisse murmure l’absence ;
dans un courant d’air, le silence s’incline.
Ils ne comprennent pas cette défaillance :
un nouveau locataire s’installe
dans ce petit cœur,
les délogeant sans détour,
un malotru qu’elle nomme amour,
avec le bonheur pour unique bagage.
Quand les deux corps s’épousent,
la solitude n’a plus sa place
et doit chercher une autre frimousse,
une âme froide, enfoncée dans sa carapace.
Pas vraiment inquiète, elle sait y faire ;
elle connaît la vie par cœur.
Pour draguer, il n’y a qu’à se taire,
tout en trinquant avec la douleur.
Aux arrivées des grandes lignes,
en Gare Montparnasse.
Le départ laisse toujours un silence.
Ajouter un commentaire